Hello les explorateurs littéraires. Je vous embarque avec moi aujourd’hui pour découvrir l’univers de James Osmont, et plus précisément dans celui de son dernier roman, La soif des vivants qui vient de sortir aux Editions Nouvelle Bibliothèque.

Comment vous est venue l’idée de ce livre et l’envie de l’écrire ? 

C’est à la fois une question d’opportunité, de chance, de petites coïncidences qui font les aiguillages de l’existence, et puis justement c’est tout le propos du livre, dans le fond : celui de la rencontre de l’autre (l’autre au sens « le plus étranger à soi-même » qui soit), de ce qu’on gagne à être disponible psychiquement quand les destins se croisent et qu’on parvient à en faire quelque chose, qu’on en retire un enrichissement mutuel… Et alors, pour celui qui aime manier la plume, ce terreau prend parfois la forme d’un récit. C’est donc aussi un livre sur pourquoi, comment et à quoi bon écrire un livre, justement ! Bon avec ça, vous voilà bien avancés, hein !? On dirait du Edouard Baer…


Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?

La rencontre, comme je disais plus haut. Puis la mission qui en a découlé, car il est indéniable qu’il y a une part militante dans ce livre, qui cherche pourtant à s’en défendre et à parler à tous, pas qu’à prêcher des convaincus. Et enfin, un certain défi d’écriture : dans la recherche du bon « angle » pour romancer cette histoire vraie, dans ce ballet à deux qui s’articule entre mes deux personnages principaux, l’un réel, l’autre fictivement ambigu (alors, c’est moi ou ce n’est pas moi ?)… Avec La Soif Des Vivants, c’est la première fois que j’écris à la première personne également. Etrange expérience. 

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur cet ouvrage ?

Non… Bon ok, mais pas trop alors ! C’est difficile à résumer en fait, parce que c’est une œuvre atypique, comme souvent avec ce que je produis, dans la forme et dans le fond : ce n’est pas vraiment un roman, pas tout à fait un récit… Je ne voulais pas être un simple porte-plume pour servir un témoin, je voulais en faire une histoire universelle, bien qu’inspirée de faits réels autour de la dernière crise migratoire certes, et aussi de la crise plus existentielle ou de civilisation qui frappe plus insidieusement nos sociétés occidentales.

Couverture la soif des vivants - James Osmont


Y’a-t-il des livres ou des personnalités qui vous ont inspiré dans votre travail, en tant qu’auteur ?

Il y a des livres bien sûr et des récits journalistiques dont je me suis abreuvé (la documentation a en effet duré presque un an), mais il y a surtout des personnes qui se reconnaitront en lisant ça, des gens désintéressés et tournés totalement vers l’autre, des gens qui ont cette « soif » de rencontre et cette foi en l’humain dont je manque parfois, moi le petit névrosé cynique. Des gens qui vous font non pas grandir, mais s’élever… La plus grande inspiration est là. 


Quelle(s) difficulté(s) avez-vous rencontré pendant l’écriture de ce livre ? Comment les avez-vous surmontées ?

La Soif Des Vivants se base sur des enregistrements, des heures et des heures d’enregistrements, pas toujours continus, chronologiques ou tout à fait intelligibles… Car faire témoigner s’apparente parfois à laisser monologuer, divaguer, souffrir sans interrompre, notamment quand il s’agit de tourments, d’exil, de mauvais traitements… C’était un gros travail de tri pour aboutir à une narration qui soit chaotique mais maîtrisée, non linéaire mais pas confuse… Et puisque c’est un dialogue entre les deux personnages, un aller-retour, un ping-pong émotionnel, il fallait que le second personnage, presque totalement fictif, témoigne lui aussi de problématiques personnelles, romancées mais crédibles sur un plan psychologique (ça évidemment, c’est mon dada et c’est ce qu’on peut retrouver de commun avec La Trilogie Psychiatrique). 


Quels ont été vos processus d’écriture, de l’idée à sa finalisation ? Combien de temps cela vous a-t-il pris ?

Il y a bien sûr eu la phase de témoignage pur, avec les aléas sociaux, les disponibilités, l’état psychique aussi de celui qu’on nomme « Ibrahim » dans le livre. Tout ça a demandé des trésors de patience, d’adaptation, des efforts aussi de sa part à lui, tant ça lui coûtait de revivre tous ces malheurs à travers les mots qu’il me confiait. Et puis il y a eu la phase du passage à ma « moulinette » personnelle, pour en faire un livre tout court, notre histoire commune, une sorte de troisième voie/voix, et puis finalement mon livre, mon œuvre, en tant que telle. Qui vous appartient, à vous lecteurs, maintenant…  


Quel a été le dernier livre pour lequel vous avez eu un coup de cœur ? Quels sont vos prochains projets ?

J’adore Dan Simmons et l’ampleur totalement sous-cotée de son œuvre qui s’étend de la science-fiction à la poésie, du thriller au roman d’aventure. Son dernier, L’Abominable, est à la fois une fresque historique et un roman de montagne d’une grande ambition que je conseille à tous les férus de belle littérature, « divertissante » au sens noble du terme.


Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite écrire un livre ?

On a tous eu une idée, un jour, on a tous commencé une page ou deux, et puis on s’est tous dit « mince, je vois pas comment continuer ». En fait on a tous déjà gâché, épuisé ou pas su faire fructifier la vraie bonne idée qui tient toujours finalement sur un post-it. C’est là qu’est le secret, pas ailleurs, pas de talent ou autre ou la science infuse, non c’est du travail pour s’améliorer évidemment, mais aussi une méthodologie. Désolé, mon conseil ne sonne sans doute pas « magique » ou très « glamour », mais en pratique, je crois que c’est de ça dont manque la majorité des écrivains en herbe qui n’aboutissent pas dans leur démarche. 


Merci en tout cas pour cette interview et cette mise en lumière. Puisse chacun trouver une résonance dans ce livre ; un questionnement, une remise en cause de son système de valeurs, de croyances, de certitudes. Merci à tous les curieux !

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Découvrir l’interview de David Ruiz Martin

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